| Une série d'attentats a eu lieu ces dernières semaines dans la province dominée par les populations ouïgoures. Ces attaques marquent un changement dans la stratégie des séparatistes dans une région qui aspire à plus d'autonomie face au pouvoir chinois. | |||||||||
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"Il s'agit des attentats ayant causé le plus grand nombre de victimes parmi les forces de l'ordre chinoises au cours des quarante dernières années, et, selon les autorités chinoises, ils sont liés au djihad", souligne le Lianhe Zaobao. Le 4 août, 16 membres de la police militaire avaient été tués à Kachgar, dans une attaque perpétrée par deux Ouïgours qui se sont rués sur eux au volant d'un camion, avant de les attaquer au moyen de bombes artisanales et de couteaux. Le 10 août, une quinzaine de Ouïgours ont attaqué des bâtiments gouvernementaux et des commerces, provoquant une dizaine d'explosions à Kuqa, ville située entre Ouroumtsi et Kachgar. Le quotidien singapourien ajoute que, d'après le Congrès ouïgour mondial, 90 arrestations auraient déjà eu lieu. "Le succès des efforts menés par la Chine pour éliminer les poches de rébellion au Xinjiang musulman a peut-être poussé un mouvement accusé d'être séparatiste à passer la frontière vers le Pakistan et l'Afghanistan, l'exposant ainsi à une plus forte influence du djihad", écrit de son côté le magazine hongkongais Asia Times Online. Les attentats n'ont pas été revendiqués, mais attribués par des spécialistes chinois du terrorisme au Mouvement islamique du Turkestan oriental (ETIM), un groupe accusé de visées séparatistes. L'article cite le directeur de l'Institut international d'études stratégiques de l'université Qinghua, à Pékin, Chu Shulong, selon lequel "on a vu cette année l'émergence de nouvelles tactiques de la part des insurgés. Ils ne visent plus des civils en plaçant des bombes dans des autobus, comme dans les années 1990, mais s'attaquent à des employés du gouvernement, à l'armée et à la police. Ils ont pour but de mettre la population de leur côté." Cette stratégie a suscité une réponse très ferme de la part du secrétaire du Parti de la région, Wang Lequan, qui aurait déclaré lors d'une réunion des cadres régionaux que la "guerre contre les ‘trois forces du mal' – les groupes prônant le terrorisme, le séparatisme et l'extrémisme religieux – s'apparentait à une lutte à mort à long terme". Selon l'analyste Willy Lam, qui écrit dans le webzine hongkongais Asia Sentinel, "dès qu'on en aura fini avec les embarrassants Jeux olympiques, une pluie d'acier se déversera sur les régions rebelles. Des sources diplomatiques dans la capitale chinoise affirment qu'une opération militaire de grande ampleur sera lancée dès la fin des compétitions, le 23 août, quand le monde n'aura plus les yeux fixés sur la situation des droits de l'homme en Chine, en particulier sur le piètre traitement des minorités ouïgoures au Xinjiang." Dès avant le début des Jeux, les autorités chinoises avaient désigné les mouvements "séparatistes" ouïgours comme la plus grande menace potentielle pour la sécurité des compétitions. Or la sérénité des Jeux constitue actuellement "un objectif plus important que tout", affirme Tianshan Wang, un site d'information officiel chinois du Xinjiang. "C'est pourquoi non seulement nous allons renforcer les contrôles et élever notre niveau d'alerte, mais nous ferons également tout pour ne pas laisser la moindre occasion au terrorisme et au séparatisme de relever la tête, afin d'assurer le succès des Jeux." En attendant d'user de la manière forte, un quotidien local du Parti communiste, Akesu Ribao, a annoncé que la police du Xinjiang verserait une prime de 200 000 yuans (20 000 euros) à qui fournirait des informations permettant de déjouer des attentats visant les Jeux olympiques. | |||||||||
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| Agnès Gaudu |
mercredi 20 août 2008
Au Xinjiang, les symboles chinois ont la vie dure
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